L’aménagement de la plaine du Maharin : une opportunité pour concilier aménagement solidaire et quartier durable
La plaine du Maharin, située entre la Butte aux Cailles et le Quartier de Montbrun, est traversée par le ruisseau du Maharin et constitue aujourd’hui une friche verte, faite en partie de boisements et de remblais.
Les élus d’Anglet ont exprimé la volonté d’y réaliser un projet fort. En effet, cette friche naturelle en plein coeur de la ville présente à leurs yeux une véritable opportunité : il s’agit là d’une des dernières réserves foncières de la commune. Mais cette plaine traversée par le ruisseau du Maharin est également un site particulièrement sensible.
C’est pour ces diverses raisons que le projet d’aménagement d’un ÉcoQuartier à été retenu pour le site du Maharin.
Cette réserve foncière, jusque-là négligée, se situe au coeur de la ville d’Anglet. En aménageant cette friche, la nouvelle municipalité souhaite marquer un tournant dans l’aménagement de la ville, en cherchant à mettre en oeuvre pour Anglet un projet de ville durable et accessible à tous : c’est « Anglet pour tous ».
En effet, Anglet, comme toute l’Agglomération de Bayonne - Anglet - Biarritz (BAB), souffre d’un réel manque de logements, notamment pour les jeunes couples qui ne peuvent plus se loger dans la même ville ou le même quartier que leurs parents en raison de la flambée du prix du foncier et des logements. Il est donc nécessaire d’élargir l’offre.
Cependant, le projet de l’ÉcoQuartier du Maharin doit être un projet exemplaire en lui-même mais aussi dans le sens de la reproductibilité. Il visera à impulser une nouvelle dynamique dans la construction, à faire évoluer les modes d’urbanisation et à inspirer les acteurs de l’aménagement dans le secteur public comme privé.
La ville d’Anglet souhaite requalifier cet espace et le valoriser afin d’en faire un coeur de quartier vivant, respectueux de l’environnement et accessible à tous, par le biais d’un aménagement de qualité. Ancienne zone inondable, aujourd’hui largement remblayée, la plaine du Maharin sera conçue pour retrouver sa fonction d’expansion des eaux en cas de crue afin d’éviter les inondations des dernières années.
Représentant une superficie totale de plus de 9 hectares, ce nouveau quartier se veut exemplaire à tous points de vue et devra faire l’objet d’une réflexion au coeur de laquelle se trouveront les futurs habitants et les riverains.
- offrir une palette de logements confortables, économes et accessibles à tous (du locatif social à l’accession privée) ;
- favoriser le recours aux énergies renouvelables, tant pour les logements que pour les équipements publics ;
- encourager l’utilisation de matériaux respectueux de l’environnement ;
- favoriser la mixité sociale des occupants du quartier ;
- privilégier les déplacements doux au sein du quartier et alentour ;
- faire participer les habitants et riverains à la définition d’éléments du programme et à sa traduction urbaine.
La commune d’Anglet au travers de cet ÉcoQuartier souhaite réaliser un projet fort en invitant l’ensemble des parties prenantes à participer à son élaboration car il replace l’habitant au centre de la réflexion et des dynamiques de quartier.
Selon le postulat qu’un projet de société s’appuie sur la communauté et l’intérêt général, et non sur l’individualisme, le projet s’attachera à induire des comportements collectifs, des références communes, pour tenter de réinventer une tradition du « vivre ensemble » adaptée aux modes de vie contemporains.
Pour les élus d’Anglet, en aménageant le Maharin, il s’agit à la fois de construire Anglet pour tous – ce qui suppose un effort important dans la production de logements, en particulier de logements locatifs aidés et en accession sociale à la propriété, de préserver la qualité de vie à Anglet – son aspect de ville verte et de valoriser les quartiers qui fondent son identité.
22 septembre 2011, l'avant-projet est présenté
Le long travail de maturation, mené jusqu’en août 2011, a abouti à l’avant-projet d’écoquartier présenté en réunion publique le 22 septembre dernier et proposé au vote du conseil municipal le 29 septembre.
- Le futur plan de masse prévoit sept îlots d’habitations, soit 21 000 m2 de surface constructible, pour environ deux cent quatre-vingts logements. Cela représente trente-six logements à l’hectare : une densité jugée “très raisonnable” par les urbanistes au regard des 40 000 m2 qu’autorise le règlement du plan local d’urbanisme (PLU) actuel (de l’ordre de 600 logements).
- L’aménagement de l’écoquartier est aussi une réponse aux problèmes d’inondation : le cours d’eau sera entièrement restauré afin de ralentir les flux par la création de méandres et de retenues d’eau, des noues paysagères qui reprennent en grande partie celles, historiques du Maharin. Plus en amont, des bassins de rétention paysagers d’une capacité de 8 900 m3 seront réalisés à Latxague, sur des terrains cédés par la congrégation des Servantes de Marie. Tout le cours du ruisseau sera ainsi traité.
- Pour préserver la biodiversité du site, le chantier prévoit un certain nombre de mesures compensatoires : la mise en place d’îlots refuges pour les espèces protégées.
- Le Maharin favorisera les déplacements doux et les transports en commun. Il n’y aura pas de voie traversante, et les voitures seront maintenues en périphérie du site. La municipalité a demandé à l’architecte de multiplier les points de sortie vers la voirie existante pour limiter les problèmes de circulation et éviter les encombrements.
