Qu’est-ce qu’un ÉcoQuartier ?
Il n’y a pas de définition labellisée de ce qu’est un ÉcoQuartier, cependant, il est possible de définir ce qu’est un ÉcoQuartier à partir de plusieurs éléments.
Un ÉcoQuartier est d’abord un quartier, c’est-à-dire un morceau de ville ; ce n’est pas uniquement quelques bâtiments, aussi performants soient-ils. Un morceau de ville, c’est-à-dire un ensemble urbain qui est relié aux autres quartiers, qui leur apporte quelque chose de nouveau (qui n’existerait pas sans lui : notamment la démonstration que l’on peut faire fonctionner une ville moderne autrement) et qui tire parti, aussi, de leur existence. Un ÉcoQuartier n’est pas une île.
Par ailleurs, un ÉcoQuartier présente une qualité architecturale, une compacité et une variété qui lui donnent une forme urbaine particulière, facilement reconnaissable et, en même temps, parfaitement intégrée dans son environnement. Dans les ÉcoQuartier, la recherche esthétique n’est pas le dernier souci des architectes et des urbanistes.
Un ÉcoQuartier est ensuite un quartier qui tient compte de l’écologie dans l’ensemble de ses nombreuses dimensions.
On pense d’abord, bien sûr, au climat et à la question énergétique : les bâtiments qui constituent l’ÉcoQuartier ne doivent pas dépasser un certain niveau de consommation d’énergie. On calcule cela au m2 par an. En général, on considère qu’un ÉcoQuartier consomme au maximum 50 kW/m2/an.
Mais, l’ÉcoQuartier concerne aussi bien d’autres aspects environnementaux.
- La gestion durable de l’eau : l’objectif est de limiter la quantité d’eau utilisée, de limiter les rejets, de recycler, de récupérer l’eau de pluie au moins pour un usage extérieur, etc. Dans le cas de la plaine du Maharin, la gestion de l’eau prendra une importance particulière puisque le projet d’aménagement devra aussi permettre de réhabiliter le cours naturel du ruisseau en tenant compte des aspects hydrauliques, des risques d’inondation, etc.
- Le traitement des déchets d’un ÉcoQuartier doit permettre de limiter la production et surtout le traitement des déchets : la mise en place de l’ensemble des outils et dispositifs permettant le trier, de faciliter le recyclage, de traiter en partie les déchets sur place (notamment les déchets organiques) sont des pistes qui permettront aux ÉcoQuartiers, lors de la mise en place de la redevance incitative (rendue obligatoire par le Grenelle de l’environnement), de payer moins pour les déchets que les autres quartiers.
- La biodiversité (urbaine) est, avec le climat, le grand défi du XXIe siècle. Plus encore, car la dégradation de la biodiversité est encore aujourd’hui un peu moins visible que le changement climatique mais peutêtre plus dangereuse encore : sans diversité biologique, une très grande partie des services que nous rend la nature (la pollinisation, la reproduction, la digestion, la recherche de médicaments, etc.) ne pourraient plus être assurés. La protection de la biodiversité est donc l’un des enjeux majeurs des ÉcoQuartiers.
- L’utilisation de modes de transports « doux » (transports en commun, vélo...) vient en complément de la lutte contre le changement climatique, mais pas seulement. En effet, les modes de transports traditionnels produisent non seulement du CO2 mais aussi des polluants divers qui affectent la qualité de l’air et ont des conséquences certaines et négatives en matière de santé. De ce fait, l’utilisation des modes de transport actifs ou doux est un volet important des ÉcoQuartiers. Cela concerne à la fois leur fonctionnement propre mais aussi les liens qu’ils tissent avec les autres quartiers.
- La production locale d’énergies renouvelables est aussi complémentaire de la lutte contre le changement climatique : les ÉcoQuartiers les mieux conçus sont ceux qui non seulement limitent leur empreinte écologique mais aussi réparent l’environnement en aidant les autres quartiers à limiter leur propre empreinte. C’est pourquoi les ÉcoQuartiers devraient tous être « à énergie négative », c’est-à-dire produire plus d’énergie qu’ils n’en consomment.
- L’utilisation d’éco-matériaux : il est attendu que les ÉcoQuartiers soient « éco », de leur conception jusqu’à leur rénovation et au-delà (normalement, dans très longtemps !). Concernant la conception qui est la phase qui nous intéresse le plus aujourd’hui : les ÉcoQuartiers doivent être conçus avec des matériaux qui sont économes des ressources naturelles et qui ont eux-mêmes une empreinte écologique la plus faible possible. Autrement dit, un ÉcoQuartier ne se construit pas avec des bois exotiques ou du granit de Chine mais plutôt avec des matériaux locaux et, si possible, avec une part non négligeable de matériaux de récupération.
Par ailleurs, un ÉcoQuartier n’est pas uniquement une question de bâtit, d’aménagement et de performance environnementale. Un ÉcoQuartier est d’abord un quartier qui est fait pour des hommes et des femmes qui y résident, y travaillent, y flânent, y pratiquent un loisir, etc.
C’est aussi un quartier dans lequel on trouve toutes sortes de gens présentant des caractéristiques socioéconomiques différentes : moins pour des raisons politiques que pour des raisons pratiques et économiques. Les quartiers très homogènes sont aussi des quartiers moins performants au plan environnemental et humain. L’ÉcoQuartier est donc un quartier qui présente une double mixité sociale (de population) et fonctionnelle (des activités de toutes natures : habitat, économie, services publics, loisirs, etc.). Et, bien entendu, comme le quartier est plongé dans un environnement vivant, il tisse de nombreux liens avec les différentes autres parties de la ville.
